Histoire de l'eau


L'eau est un bien indispensable et précieux, particulièrement dans nos régions, surtout au plus fort des chaleurs estivales, tant pour les êtres humains, que pour les animaux, les fruits, les légumes et la nature en général.

Fons devrait son nom à l'eau, pas directement mais, à cause d'une source qui faisait "jaillir l'eau à six pieds de haut". Où se trouvait cette source légendaire? Rien n'est parvenu jusqu'à nous sur sa localisation, si vraiment elle a existé!

En revanche, aujourd'hui il reste une question, qui pour moi, est sans réponse: pourquoi le village est situé là ou il est? En général les villes et les villages ont grandis à proximité de fleuves, rivières ou autour de sources. Paradoxe, Fons compte deux sources: Majoufres et Font d'Higuet, mais éloignées chacune de presque un kilomètre du centre du village!

C'est vrai le territoire de Fons est pauvre, il ne faut pas gaspiller les terres cultivables près de ces points d'eau par des constructions, alors que le rocher et à fleur de sol quelques centaines de mètres plus loin. Le village étant situé, quelques mètres en hauteur par rapport au vallat de Merderis, où il est protégé de crues, parfois dévastatrices en particulier en fin d'été.

Mais peut être qu'une résurgence depuis bouchée ou déviée faisait jaillir cette source bien haut quelque part au centre du village actuel?

Quelques puits particuliers et un puits commun ont permis de maintenir en ce lieu quelques âmes, et fait que Fons ai vécu et traversé les siècles. Bien sûr de nos jours Fons est alimenté en eau "courante", disponible pour l'ensemble de nos besoins à l'évier, au lavabo, la douche etc. mais quelques anciens se souviendront qu'avant 1965 il n'existait que la fontaine, le puits et les deux lavoirs. Dans des temps encore plus reculés seuls existaient le puits commun le lavoir de Font d'higuet et la source de Majoufrés.





Le puits


Le puits commun, est situé en bas du village à l'intersection de la route de Lussan, de chemin de Vendras et de la route de Rivière. Son emplacement est attesté depuis au moins trois cents ans. Point remarquable, on le retrouve à cet endroit sur le compois de 1699.

Quelques années plus tard il fut le théâtre d'un drame. Ce drame a été consigné, par Mre Chauchard curé, sur le registre paroissial. (à un emplacement libre: la page de garde de l'année 1712! A cette époque le suicide entraînait l'excommunication immédiate!)

"L’an mil sept cent vingt et sept il arriva dans notre paroisse une fille agée d’environ trante ans se faisant du coté des Vans un peu plus haut dans le diocèse de Viviers, et ayant resté icy deux ou trois ans en disant quelle etait malade; les consuls lui firent donner un logement et secourir de tout ce quelle aurait besoin et le mercredy neuviemme de juillet elle sortit devant la maison ou on l’avait mise et ne paraissant pas trop malade mais elle dit tout seulement quelle etait dans un désespoir et pour la remonter on luy dit qu’il fallait avoir une grande confiance en dieu et le prier insessement et que cella luy passerai moyennant le secours du seigneur et elle repondit quelle voudrait bien prier dieu mais quelle avait quelque chose qui l’enpechant de le prier et meme que cella la tourmentait beaucoup quand elle prier dieu cependent le meme soir neuviemme dudit juillet on la remit dans la maison quelle couchait et layant faite prier dieu on la fit coucher et on ferma la porte de ladite maison et il arriva que dans la nuit dans les temps que tout le monde dormait apparement elle sala precipiter dans le puis de ladite paroisse ou nous la trouvames le lendemain matin dixième de juillet mil sept cent vingt et sept cest ce que je puisse moy etant present quand on la tira du puis nous la fimes enterrer dans une terre du lieu des pauvres tout proche le jardin de moi-même"

Hormis ce suicide, quelle a été l'histoire du puits commun: ses évolutions, ses transformations, son entretien? Aucun autre document ne traite de ce puits jusqu'au 14 mai 1882 où:

"M. le maire expose au conseil municipal que conformément aux désirs qui lui ont été si fréquemment exprimés par la population tout entière et par le conseil municipal de les garantir de la disette d’eau qui pendant les trois ou quatre mois des fortes chaleurs, tous les ans et à la même époque la fontaine publique ne fonctionne plus, d’établir une pompe à l’ancien puits, il avait en conséquence autorisé M.M. RICOUR et BEDOS architectes de dresser les plans et devis nécessaires à l’exécution de ce projet.
M. le maire dépose sur la table lesdits plans et devis pour que le conseil en prenne connaissance.
Le conseil, vu les plans et devis dressés par M.M. RICOUR et BEDOS architectes à Uzès et à Nîmes le 26 avril 1882 pour la construction d’une pompe à l’ancien puits dont la dépense s'élève à 1207,50 Frs.
Vu le cahier des charges devant servir à l’exécution de ces travaux et contenant les clauses et conditions à imposer à l’adjudicataire.
Considérant que ces travaux sont d’une urgente nécessité pour toute la population de cette commune.
- Vu que sur le budget primitif de l’exercice courant figure la somme de 1000 Frs pour cet objet.
- Vu qu’il sera voté par une délibération spéciale la somme de 207,50 Frs qui manque pour ladite construction.
Délibère, les plans et devis cahier des charges dressés par les architectes sus nommés le 26 avril dernier des travaux évalués à 1207,50 Frs pour la construction d’une pompe à l’ancien puits sont adoptés dans leur contenu. Les dits travaux seront mis en adjudication publique dans les formes prescrites par l’ordonnance du 14/11/1837, dès qu’ils seront revêtus de l’approbation de l’autorité supérieure".

C'est à cette occasion que sera construit le "monument" en pierre taillée que nous connaissons aujourd'hui. A noter que l'abreuvoir a été déplacé afin de faciliter la circulation des engins automobiles.
Ces travaux seront achevés avant le 31 aout 1884, date de la délibération du conseil municipal portant approbation du procès verbal de réception des travaux et pour la somme de 849,15 Frs "y compris les frais de direction".


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Lavoir et fontaine de Font d'Higuet


Le lavoir dit de "Font d'higuet" est alimenté par une source du même nom. Ce lavoir existe depuis au moins le début du 19éme siècle: une délibération du 15 mai 1808 demande à M. le Préfet l'autorisation d'effectuer des réparations audit lavoir.

"Monsieur le maire a représenté au conseil que la commune se trouvant privée des facultés des eaux pour laver leur lessive linge et abreuver leur bestiaux, qu’il n’y a qu’un puits pour subvenir aux besoins de première nécessité et susceptible d’un bon entretien que pour toute ressource il n’y a qu’un petit lavoir appelé Fontdeguet éloigné d’environ un demi kilomètre de l’enceinte de la commune. Lequel avec quelque réparation qu’on pouroit y faire métroient les habitants à même de laver aisément leur linge et abreuver leur bestiaux. Et par même moyen n’être pas exposé à mêler leur linges dans un même bassin dans une eau qui ne peut devenir claire vu son peu de pente et l’étroissement de sa position présente, requérant de délibérer".

A cette époque le lavoir de Font d'Higuet est constitué de deux bassins seulement. Il faudra attendre 1825, pour voir la construction du troisième bassin.

"Monsieur le maire président a dit que la fontaine de Fondiguet n’a que deux bassins pour laver la lessive des habitants, l’un pour laver et l’autre pour blanchir, qu’un troisième bassin serait très essentiel pour laver les choses malpropres qu’étant obligé de l’être dans les autres, cela ne peut être que nuisible à la santé des habitants. Qu’il a cru de son devoir de faire dresser un devis estimatif par un maçon patenté, l’objet ne voulant pas la peine d’y faire transporter un architecte, lequel se porte à la somme de 95 Frs et qu’il soumet à son examen.

Le conseil après oui l’exposé de monsieur le maire et pris connaissance dudit devis : reconnait qu’il est d’une absolue nécessité de construire un troisième bassin à la fontaine de Fondiguet.

Délibère qu’une somme de 95 Frs sera allouée en supplément au budget et payable à la prochaine vente de 200 chênes blancs dont la commune a été autorisée mais qui n’a pas encore eut lieu, pour être affectée à la construction dont s’agit".

Ces travaux furent approuvés par M. le préfet le 14 juillet 1826. Ils furent confiés à M. VIGNE maçon habitant de Fons. Celui-ci ayant pris la ferme du four, ne termina pas les travaux. Il en avait réalisé seulement la moitié environ. M. NOGARET aussi maçon de Fons repris la suite des travaux et les termina début septembre 1827. La construction de ce troisième bassin revînt à 96 Francs. 50 Francs pour VIGNE et 46 Francs pour NOGARET.

Maintenant le lavoir de Font d'Higuet a trois bassins, mais il n'est pas encore dans la configuration qu'on lui connait: il n'est pas couvert et n'a pas de murs! Imaginez l'hiver, le vent, faire la lessive avec une eau à 5 degrés ou moins! Et ensuite ramener les 10 ou 20 kilos de linge sur un chemin inégal: quelle corvée!

C'est en 1858 qu'il est décidé de couvrir le lavoir, la charpente bois sera appuyée coté sud sur un mur et sur 4 piliers de pierre de taille coté nord. Le mur coté est sera construit plus tard.

Séance du 8 aout 1858.…. M. le maire a soumis à l’approbation du conseil municipal un devis relatif à la construction d’un toit au lavoir de Font d’Higuet, dressé le 9 juillet dernier par M. BEGUE architecte à Uzès, lequel s’élève à 798,76 Francs y compris les honoraires de l’architecte.
Le conseil municipal, vu le devis précité, considérant qu’il est de toute importance de faire construire un toit au lavoir de Font d’Higuet, le seul que la commune possède, lequel est éloigné de plus d’un kilomètre des dernières habitations de Fons sur Lussan et qui n’est ni couvert, ni abrité ce qui dans la saison de l’hiver cause aux laveuses de fréquents malaises qui dégénèrent souvent en sérieuses maladies par suite du froid qu’elles y endurent.
Qu’il convient aujourd’hui attendu que les ressources financières de la commune le permettent de mettre à exécution ce projet qui avait été ajourné depuis longues années par les diverses administrations qui se sont succédées dans la commune.
Le conseil municipal approuve à l’unanimité le devis dressé le 9 juillet dernier par M. BEGUE architecte à Uzès et il supplie l’autorité supérieure de le sanctionné au plutôt. Il vote en même temps la somme de 798,76 Frs pour faire face à la dépense dont s’agit à prendre sur les fonds libres du présent exercice.



Sur ce dessin on voit l’aspect du lavoir à la fin des travaux.
(Archives Départementales du Gard: 2 O 756)


Ci-après sur une carte postale du début du siècle,
la charpente bois et ses quatre piliers est bien visible.



Jusqu’à la fin du XXéme siècle nous connaissions tous le lavoir avec un toit,
à deux pentes en plaques fibro-ciment, posé sur une charpente métallique.

C’est en 1937 que ce toit fut mis en place, car dans une nuit de décembre la toiture s’est effondrée :

par délibération du 20 décembre 1937.
"….M. le Maire expose au conseil municipal que le couvert des lavoirs de Fond Diguet s'est totalement effondré, sans donner aucun signe de menace, entraînant dans sa chute une partie des murs soutenant la toiture. Fort heureusement que la catastrophe s'est produite pendant la nuit, s'il en avait été autrement l'on aurait eu à déplorer des vies humaines.
En prévision de sa reconstruction, il a évaluer les travaux par un maître maçon, lequel se charge de faire cette réparation pour la somme de 6611 Frs. en conséquence, le Maire invite cette assemblée de se prononcer, s'il y a lieu de relever la toiture et par quel moyen les travaux pourront être financés.
Le conseil ouï l'exposé de son président: considérant que les lavoirs sont éloignés du village d'une distance d'au moins 900 mètres.
Considérant que l'hygiène commande de mettre les lessiveuses à l'abri des intempéries des saisons en lavant leur linge aux dits lavoirs, que c'est de toute nécessité de procéder au relèvement de sa toiture.
Que la commune n'a aucune somme disponible pour affecter à cette réparation que sa situation financière s'aggrave d'une année à l'autre, des suites de l'augmentation des dépenses obligatoires. […..] Considérant que le montant des travaux se monteront à la somme de 6611 Frs.
En conséquence, le conseil municipal à l'unanimité de ses membres sollicite de la bienveillance de M. le Préfet et des membres de la commission départementale l'aide financière du département dans une large mesure en tenant compte des motifs invoqués ci-dessus, et en outre cette assemblée s'engage à voter le complément de la dépense lorsque le chiffre de la subvention du département sera connu."

En 2008 le lavoir retrouva une charpente bois, elle repose sur les 3 piliers restants, une petite ouverture dans le mur fût pratiquée qui apporte un complément de lumière aux bassins.


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La fontaine

Fons est indissociable de sa fontaine, située à l'entée du village au croisement des routes de Lussan, Rivières et chemin de Vendras elle devenue son emblème, son image et un point de rencontre.
Au milieu du XIXème siècle, le nombre des habitants est de plus de 500 âmes. Le puits commun ne peut fournir la totalité des besoins en eau des villageois et des animaux. Le besoin se fait sentir d'avoir une autre alimentation en eau. Il est envisagé la construction d'une fontaine, elle serait alimentée par une source, "qui ne tari jamais" située au quartier Majoufrès à environ 700 mètres. Sa position permettrait d'amener l'eau par gravitation à cette fontaine qui serait construite sur la place à l'entrée du village.
Mi juillet 1868 au "moment de la plus grande sécheresse de l'année" il est procédé au jaugeage de la source dite Majoufres afin d'étudier la possibilité d'alimenter cette fontaine.
Le 15 juillet après le montage de deux appuis pour facilité le puisage de l'eau, le niveau de l'eau dans le réservoir est mesuré: à 42 centimètres. A 5 heures du matin précises, 8 hommes qui se succèdent sans interruption jusqu'à 5 heures du soir puiseront 315 cornues d'eau d'une contenance de 65.5 litres soit un total de 20 632.5 litres. A cet instant le niveau dans le réservoir est mesuré à 18 centimètres. Ce niveau reviendra à 42 centimètres à 19 heures 25, soit 2 heures et 25 minutes plus tard.
Le lendemain 16 juillet, sur le même principe, à partir de 8 heures et jusqu'à 5 heures il est puisé 306 cornues soit un total de 20 043 litres d'eau, cette fois le niveau est retrouvé en 1 heure et 42 minutes.
Au vu de ses chiffres, il est calculé que la source à un débit de 28 litres par secondes, soit 42 litres par habitant et par heure. Quantité jugée plus que suffisante pour les besoins de la population et des ménages.
Le procès verbal de ce jaugeage effectué par M. BEGUE architecte à Uzès est signé le 17 juillet en présence et par les membres du conseil municipal.
Ce jaugeage ne pouvait tomber mieux: car cette année là, la chaleur et la sécheresse ont obligé M. le maire à réglementer la consommation de l'eau. Par un premier arrêté le 6 juin il limite l'utilisation de l'eau du puits aux ménages et l'abreuvage du gros bétail. Et par un second arrêté le 2 aout il réserve la consommation de l'eau du puits aux besoins des ménages seulement, et qu'il convient d'abreuver les animaux aux sources de Majaufrès ou Fontd'higuet.
La source Majaufrés est capable de débiter 28 litres d'eau par seconde, alors qu'il est nécessaire de prendre des mesures de restriction pour cause de sécheresse par ailleurs, est de bons augures pour la réussite de l'alimentation en eau de la future fontaine.

M. BEGUE fourni les plans et devis, datés du 26 aout, il estime le cout de ces travaux à 4696,68 Francs. Un descriptif des travaux est fourni en préambule du devis:

"La conduite d'eau dont la pente sera ménagée suivant les indications du plan ci-joint aura une profondeur de 2m10 à la prise d'eau, elle suivra la ligne indiquée au plan d'ensemble par une pente uniforme et ira se dégorger à la fontaine.
Les tranchées à opérer pour la pose des tuyaux seront solidement étayées faites en talus d'un sixième et auront à la base soixante centimètres largeur.
L'entrepreneur restera responsable des éboulements qui pourraient avoir lieu pour quelque cause que ce fut ainsi que des accidents qui pourraient arriver par maladresse ou négligence de sa part ou de ses ouvriers.
Les terres provenant des tranchées seront après vérification et épreuve de la conduite rejetée sur celle-ci et le prix du remblai sera commun avec celui des fouilles.
Cette conduite sera faite en tuyaux Chemeroy de quatre vingt millimètres de diamètre dans œuvre parfaitement posés et assemblés par des poseurs de profession et expérimentés, mastiqués et posés avec soin sur une couche de terre fine provenant des tranchées de douze à quinze centimètres épaisseur, recouverte avec soin de la même manière pour éviter les tassements inégaux et résister à la pression des remblais.
Au point le plus bas de cette conduite c'est-à-dire auprès du cippe d'émergence sera placé le robinet de dégorgement.
Cette conduite ne sera comme il est dit ci-dessus recouverte qu'après que l'essai en aura été fait et les eaux mesurées à l'entrée et à leur sortie, l'entrepreneur demeurera responsable de cette conduite pendant deux ans et en fera pendant ce délai les réparations à ses frais.
L'entrepreneur sera contraint à tous les changements et réparations qui seront jugés nécessaires.
Un canon en bronze de trente cinq millimètres de diamètre dans œuvre sera placé au cippe de la fontaine pour le dégorgement des eaux.
La prise d'eau à la source, sera solidement maçonnée et une forte maçonnerie sera faite à cet effet sur les deux tiers du pourtour du récipient actuel au point de prise d'eau, il sera ensuite vouté en pierre de taille en ayant soin de laisser dans le milieu de la voute, une ouverture de soixante centimètres en carré, fermée par une dalle de vingt centimètres épaisseur armée de deux anneaux en fer, la voute sera recouverte par une chape en béton de chaux hydraulique de douze centimètres épaisseur.
La maçonnerie intérieure à faire pour former ce récipient sera revêtue d'une couche de ciment de Vassy, mêlé de un quart de sable de un centimètre épaisseur posé en deux couches.
Le tuyau de prise d'eau portera une boule en bronze percillée pour l'introduction de l'eau. A deux mètres au dessous de cette prise d'eau sera placé un robinet d'arrêt également en bronze et de même diamètre que la conduite pour en faciliter les réparations ultérieures.
Au bas de la conduite sera placé un robinet de dégorgement de même diamètre que celui de la conduite et à l'endroit qui sera indiqué par l'architecte, à ce robinet ainsi qu'au robinet d'arrêt il y sera fait des puits de descente en maçonneries, recouverts par des dalles en pierres de taille de quinze centimètres épaisseur armé de deux anneaux en fer.
Dans la longueur de cette conduite il y sera placé deux robinets purgeurs pour laisser échapper à fur et mesure de l'arrivée des eaux dans ces tuyaux et que l'on fermera les uns après les autres c'est-à-dire à fur et mesure que la conduite se remplira.
A chacun de ces robinets il y sera fait un puits de descente avec recouvrement de la même manière que ce qu'il vient d'être expliqué pour le robinet d'arrêt et celui de dégorgement.
Les eaux introduites dans la conduite seront mesurées ainsi qu'à leurs sorties et devront présenter à un centième près le même débit.
Sur l'emplacement désigné au plan ci-joint sera établi le cippe de la fontaine avec une cuvette en pierre dures; au fond de laquelle il y aura un trou recouvert par une grille en fonte percillée pour porter les eaux par une conduite de retour à deux grandes auges d'abreuvoir."

Le conseil municipal par délibération du 8 novembre acceptera les plans et devis présentés par M. BEGUE et votera une imposition extraordinaire pour le financement de cette opération.

En réunion extraordinaire le 22 novembre le conseil municipal avec les citoyens les plus imposés vote:

  • un emprunt de 4700 frs au taux maximum de 5%, à la caisse des dépôts et consignation.
  • Une imposition extraordinaire de 20 centimes par franc au principal de ses 4 contributions directes.

M. le préfet du Gard par arrêté du 12 mai 1869 autorise la commune de Fons à emprunter une somme de 4700 Frs, sur une durée de 20 ans, financée par une imposition extraordinaire de 20 centimes.
Mais la caisse des dépôts et consignations ne peut prêter cette somme aux conditions autorisées par l'arrêté préfectoral: la loi du 1867 autorise la caisse des dépôts et consignation à ne prêter aux communes, que sur une durée maximum de 15 ans et doit être autorisé par décret Impérial au delà de 12 ans.
Le 8 aout M. le maire informe le conseil qu'il a prié M. le Préfet de solliciter ce décret auprès de sa Majesté.
Au cours de la session de novembre du conseil municipal M. le maire présente un nouvel arrêté préfectoral en date du 1er octobre qui autorise la commune emprunter la somme de 4300 Frs sur 12 ans seulement, et autorise à contracter cet emprunt auprès de particuliers pour accélérer la procédure, et donc l'exécution des travaux.
Après lecture dudit arrêté, le conseil opte pour contracter cet emprunt auprès d'un particulier. Et M. le maire pourra publier, le 2 février 1870, l'arrêté suivant:

Art. 1 L'emprunt de 4300 Frs à contracter en vertu de l'arrêté du 1er octobre 1869 ci-dessus transcrit sera immédiatement réalisé à concurrence de 4000 Frs au moyen d'obligations au porteur de 500 Frs chacune au taux de 5%.

Art. 2 Les 8 obligations à émettre pour former la somme de 4000 frs énoncée dans l'article précédent sont attribuées à M. Ernest LIOTARD de Nîmes.

Art. 3 Sur la production de la quittance du receveur municipal il sera délivré par M. le maire au souscripteur pour chaque somme de 500 Frs obligation timbrée aux frais de la commune et tirée d'un registre à souche indiquant:

  • 1° Le montant de l'intérêt annuel à payer par la commune.
  • 2° La date du remboursement du capital.
  • 3° Chaque obligation signée par le maire et par le receveur municipal sera revêtue de l'approbation du préfet.

A chacune d'elle sera annexée une série de coupons destinés à être détachés au fur et à mesure du paiement des intérêts.

Art. 4 Les intérêts seront payés par semestre échu le 15 mars et le 15 septembre de chaque année.

Le montant des intérêts semestriels sera acquitté par le receveur municipal à Fons sur Lussan ou à Nîmes aux porteurs des obligations sur la simple remise des coupons mentionnés à l'article précédent.

Le remboursement des obligations échues sera effectué de la même manière sur la remise au receveur municipal des obligations dument quittancées.

Art. 5 Dans le cas ou une obligation ne serait pas présentée à l'époque de son échéance les intérêts cesseront de courir de plein droit.

Art. 6 Tous les frais occasionnés pour la réalisation de l'emprunt ou qui seront la suite de celle-ci restent à la charge de la commune de Fons sur Lussan.

Art. 7 La totalité des obligations à délivrer en mention de l'article 2 du présent arrêté seront émises immédiatement. Elles portent intérêt à partir du 1er février courant.

Art. 8 Le receveur municipal est chargé de recouvrer immédiatement la somme (4000 Frs) quatre mille Francs qui sera versée dans sa caisse par M. Ernest LIOTARD de Nîmes en paiement des obligations qui lui ont été attribuées par l'art. 2 du présent arrêté.

Signé PANSIER maire

Toutes ces formalités administratives et financières terminées, il est temps de passer à la phase principale du projet.
Le 26 juin 1870, les travaux sont attribués à M. Vincent BOISSIN, maçon, habitant de Fons, qui "offre" un rabais de 5 centimes par tranche de 100 Francs soit un rabais total de 2,35 Frs sur un total estimé de 4696.68 frs. M. BOISSIN versera 469.70 Frs, à titre de caution, dans la caisse du receveur municipal. Le délai donné à M. BOISSIN pour la réalisation des travaux est de 2 mois à compter de ce jour.
Le 19 juillet. M. le maire communique au conseil une réclamation signée par 4 conseillers municipaux et 2 habitants de la commune demandant que la fontaine communale soit construite sur un emplacement autre que celui choisi par l’architecte suivant l’avis de la grande majorité du conseil municipal et de la population.
Il invite le conseil municipal à délibérer à ce sujet.

Le conseil, considérant que contrairement à ce qui est dit dans la pétition, le vallat n’a jamais emporté en cet endroit, ni les terrains ni les murs qui le borde.
Que le canal de la conduite est déjà creusé, que les tuyaux doivent être bientôt mis en place.
Que les plans et devis du projet ont été agréés par 9 conseillers municipaux, parmi lesquels 3 des pétitionnaires, et définitivement approuvés par M. le préfet le 10 avril 1869.
Considérant en outre, qu’indignés de la prétention des réclamants les habitants de la commune, ont dans une pétition couverte de 140 signatures, manifesté le désir que le projet de fontaine soit exécuté tel qu’il est indiqué sur les plans et devis approuvés. Le conseil maintient l’établissement de cette fontaine au lieu déjà creusé pour recevoir cette destination.

Le 9 octobre 1870 les travaux sont terminés. M. Vincent BOISSIN les ayant réalisés conformément au cahier des charges, M. BEGUE architecte les a acceptés et réceptionnés, il a également fourni le décompte général de ces travaux, pour une somme totale de 4568.74 Frs.
Il fût réglé à M. BOISSIN dans un premier temps 4000 Frs, le solde 568.74Frs arrondi à 600 Frs en paiement d'intérêts lui fût accordé par délibération du 3 décembre 1876.
Le 19 juillet 1870 les défenseurs de l'emplacement choisi avaient affirmé que: "le vallat n’a jamais emporté en cet endroit, ni les terrains ni les murs qui le borde". Il faut croire que les pluies de la fin de l'été 1876 furent particulièrement violentes! puisque le 10 septembre le conseil municipal votait une somme de 75 frs, pour la remise en état, après que M. le maire eu exposé: "que par suite des dégradations que les dernières pluies avaient occasionnées à la fontaine et aux tuyaux conduisant l’eau."
Depuis 140 ans la source de Majoufrés et la fontaine ont alimenté consciencieusement le village d'une eau fraiche et limpide, même si au cours de certains étés le mince filet d'eau estival s'interrompt quelques jours. Son rôle fût indispensable à la vie du village jusqu'en 1965, année ou arriva l'eau courante.

La fontaine dans tous ses états:

Projetée
(Archives Départementales du Gard: 2 O 757)

Officielle

 

Cartes postales

 

Enneigée

Givrée


Inondée


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Lavoir de la fontaine


L’éloignement du lavoir de Fontd’Higuet a fait germer l’idée de construire un nouveau lavoir au plus près du centre du village.
La source de Majoufrès alimentant la fontaine ayant un débit plus que suffisant hors les périodes chaudes, une grande partie de cette eau se perd dans le vallat de Merderis par le trop plein du bassin de la fontaine.
Toute cette eau perdue permettrait d’alimenter un lavoir à proximité de la fontaine.
C’est dans cet esprit que le 30 juin 1907 est prise une délibération, le conseil municipal

« sollicite de la bienveillance de l'administration des eaux et forêts la délivrance de deux coupes extraordinaires au quartier de la Rouvière » dont le produit serait affecté à « l’établissement d'un lavoir public qui sera alimenté par l'eau qui déverse du trop plein du bassin de la fontaine »

Apparemment cette demande n’a pas été suivie d’effet puisque une nouvelle délibération du conseil municipal est votée, le 14 novembre 1908, en tous points identique à la précédente,.

Le projet avance tout doucement ! Près de 3 ans après la première délibération, Le 7 février 1910, M. le maire expose et rappelle au conseil municipal, que "le 20 juin dernier, il avait fait remarquer à cette assemblée que l'exiguïté des lavoirs publics pourrait en temps épidémiques causer certaines maladies très dangereuse. Qu'en effet toutes les fois qu'une épidémie éclate dans la commune le médecin des épidémies dans son rapport qu'il adresse à la préfecture constate l'insalubrité desdits lavoirs, d’où il s'ensuit que la préfecture met en demeure la municipalité d'interdire le lavage au dit lavoir de tout linge, contaminé ou non, comme en 1887 lors de la fièvre typhoïde et 1893 lors de la petite vérole.
Cette interdiction est beaucoup gênante pour la population puisque nous n'avons dans la commune aucun cours d'eau pour pouvoir y laver et que la rivière la plus rapprochée se trouve à plus de 10 kilomètres.
En second lieu comme ces lavoirs se trouvant éloignés du village présentent beaucoup d'inconvénients pendant la saison d'hiver, l'eau qui les alimentent se trouve trop vive et très calcaire beaucoup de lessiveuses ne peuvent y laver deux jours consécutifs s'en ressentir un certain malaise ».

Depuis l’origine le projet a été amendé, il a été acté la construction et l’alimentation d’un abreuvoir pour les animaux en plus d’un lavoir, avec ce même trop plein de la fontaine.
A cette même séance du 20 juin 1909, il avait été voté 1000 Francs pour le projet et 100 francs pour l’acquisition d’un terrain. « mais avant que de se prononcer sur le fond de cette question il (M. le maire) a voulu s'en référer à la population par la voix du scrutin pour ou contre le projet, et dans le cas que le référendum soit favorable au projet autorise le maire à faire dresser non seulement les plans et devis par un architecte mais de choisir l'emplacement ou devra être construit le lavoir et de traiter avec le propriétaire du terrain.
Il leur fait connaître le résultat du référendum et dépose sur le bureau le procès verbal du 25 juin dernier duquel il résulte que sur (1) chefs de ménage pouvant prendre part au vote (1) se sont prononcés pour le projet et aucun contre (chiffres non transcrits sur la délibération).
Il exprime l'opinion que la plus grande part ou la presque totalité des abstentionnistes sont favorable au projet.
Devant ce vote acquis et suivant la décision du conseil il a fait évaluer par M. CHAPTAL agent voyer à Lussan le montant des travaux à exécuter ces travaux s'élèvent à la somme de 4000 Frs.
Il dépose sur le bureau ainsi que la promesse de vente souscrite par M. COMBE devant servir à son emplacement et prie le conseil après examen de l'approuver s'il y lieu et de créer les ressources nécessaires autant pour sa construction que pour son emplacement. »
Ce projet serait financé de la manière suivante: 1700 Francs dont dispose la commune, 800 Francs de subvention demandée au département, et un emprunt de 1500 Francs, emprunt amorti en ans par la vente de coupe de bois.
Malheureusement la subvention du département ne sera que de 500 Francs, le 24 mai 1910 le conseil municipal est obligé de porter l’emprunt de 1500 Francs à 1800 Francs, la commune remboursera cet emprunt en deux annuités la première en 1913 la seconde en 1915, grâce à la vente de deux coupes de bois.

Le 3 mai 1911 …M. le Maire expose au conseil municipal que les travaux concernant la construction d'un lavoir et d'un abreuvoir sont terminés qu'il y aurait lieu afin que l'entrepreneur ne souffre aucun retard dans son paiement de demander à M. le Préfet de vouloir bien faire verser dans la caisse du receveur municipal la subvention de 500 Frs accordée par la commission départementale dans sa séance du 28 avril 1910 pour subvenir avec d'autres ressources aux frais de ladite construction.

Il dépose sur le bureau le certificat de l'architecte constatant que les travaux sont achevés. »

Le coût de cette réalisation se résume comme suit :

Entreprise GACHE rabais déduit

Mémoire SADARGUES

Honoraires de l'architecte

3423,13 Frs

208,70 Frs

217,91 Frs

  Total

3849,74 Frs

Le crédit affecté à ces travaux était de 4000 Frs.
Reste disponible pour le paiement du terrain d'emplacement la somme de 150,26 Frs.
"La somme à valoir inscrite au devis et le produit du rabais d'adjudication se trouvent donc absorbés.
Ils l'ont été par quelques ouvrages supplémentaires que le conseil municipal lui-même a voulu faire exécuter et notamment par la construction en façade d'un portail en fer portant Génoise, sur l'agrandissement du lavoir. Par un approvisionnement de tuyaux qui permettra de réparer encas de besoin la canalisation desservant le lavoir enfin par le recreusement du valat de Merdéris"
La première annuité fut bien remboursée, mais la seconde coupe de bois ne fut pas accordée et la seconde annuité ne fut pas honorée en temps. Le 10 mars 1916 une nouvelle délibération fut votée pour réclamer la vente de la coupe de bois refusée.
Elle fut probablement accordée car aucune délibération postérieure ne fut votée concernant le financement du lavoir et des abreuvoirs.


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Au chapitre des faits divers!


Une délibération montre l'importance de l'eau au quotidien et la cupidité de certains. Nous ne sommes pas loin de "Jean de Florette", mais là nous ne sommes dans la réalité.

"Ce jourd’hui 18 mai 1826, heure de 11 du matin. Le conseil municipal de Fons sur Lussan assemblé au lieu ordinaire de ses séances.

Présents : M. Jean Louis FERRAUD adjoint à la mairie président le conseil, MM. François ABEILHE, Gaspard REVERGAT, Simon TAULELLE, Pierre CHABRIER, Louis TAULELLE, François DOUCHE, Jean CHALVIDAN, Etienne Simon PLAISSE, Siméon Antoine GUEIDAN membres du conseil municipal de cette commune convoqué en vertu de l’autorisation donnée par M. le sous préfet de l’arrondissement d’Uzès par sa lettre du 7 mai courant.

M. l’adjoint à la mairie (Roustan FERRAUD) a dit que la fontaine publique de Fontdiguet qui prend sa source dans un fonds communal et qui fournit aux habitants l’eau nécessaire aux besoins de la vie traversoit autrefois en sortant des bassins construits pour l’usage de la commune le pré appartenant au sieur François ABEILLE et continuoit ensuite son court à travers les communaux destinés à la paissance des bestiaux et bêtes à laine, jusqu’à ce qu’elle s’y réunit dans une espèce de réservoir naturel ou depuis un temps immémorial les troupeaux et les bêtes de somme alloient s’abreuver, faculté aussi commode qu’indispensable, puisqu’il n’y a point d’autre source propre à cet usage.

Les eaux de cette source devaient couler primitivement sans interruption dans le fonds de la communauté des habitants pour se rendre dans le réservoir naturel dont on a parlé. Mais le propriétaire de la prairie possédée en partie par le sieur ABEILLE située un peu en dessous des bassins construits près de la source profitoient de cette position pour faire traverser sa propriété par les eaux de la fontaine à la sortie des bassins supérieurs et offrit en échange de cette faculté d’arrosage les herbes d’été et la prairie dans laquelle les habitants conduisaient leurs bestiaux et leurs troupeaux pendant les 3 mois d’été après le foin levé les eaux n’étoient pas retenues dans la prairie. Elles alloient toujours se rassembler dans le réservoir naturel qu’elles s’étoient creusé dans les parties communaux.

Cet état des choses duroit depuis longtemps et personne n’en souffrait lorsqu’il est arrivé que le sieur CHAZEL maire actuel de la commune acheta la moitié de cette prairie et obtint même du propriétaire de l’autre partie un droit que celui-ci n’avait pas, celui de détourner les eaux de la fontaine dans sa moitié à l’exclusion de l’autre en sorte que par un abus intolérable de cette concession illégitime et de son autorité locale, le sieur CHAZEL ouvrit plusieurs canaux dans son fond pour l’arroser dans tous les sens et absorba ainsi la totalité des eaux de la fontaine publique, surtout pendant la saison de l’été ou les eaux sont moins abondantes et ou néanmoins elles sont d’une indispensable nécessité pour l’abreuvage des troupeaux et des gros bestiaux.

Cette injuste entreprise se perpétue depuis plus de dix ans au grand préjudice des habitants de Fons qui se voient forcés de vendre leurs bêtes à laine et leur gros bétail par une plus longue prolongation de cet ordre des choses et d’abandonner en même temps la culture de leurs terres faute d’engrais.

Le sieur CHAZEL a plus fait non seulement il s’est emparé exclusivement de toutes les eaux de la source communale il a encore clos la prairie et en a défendu l’accès aux habitants qui ne peuvent plus y conduire leur bétail selon l’ancien usage, pendant la saison d’été.

Les habitants avoient pris patience dans l’idée que ce maire seroit changé, mais sa nomination se trouvant prorogée encore pour cinq ans la commune entière a fait retentir ses plaintes et a demandé que le conseil municipal prit enfin des mesures pour obliger le sieur CHAZEL a leur rendre justice c'est-à-dire ouvrir l’accès de sa prairie pour trois mois d’été et a laisser aux eaux de la fontaine publique leur libre et antique court, en n’en usant que modérément sauf a l’en priver en entier si les eaux ne pouvoient suffire à la fois aux besoins de la commune a laquelle ??? appartient ?? à l’arrosage de ladite prairie.

La présente convocation est donc faite pour délibérer sur ce double objet.

Sur quoi, le conseil après avoir murement réfléchi a considéré que l’exposé fait par Monsieur l’adjoint étoit conforme à la plus exacte vérité que les habitants sont dans l’impossibilité de pouvoir se passer plus longtemps du pacage dont le sieur CHAZEL les prive et principalement de l’eau nécessaire pour l’abreuvage de leurs bestiaux et troupeaux que le dommage qui résulte de cette double privation est incalculable et qu’il est de toute urgence de se pourvoir auprès de l’autorité supérieure à l’objet d’obtenir la permission de plaider contre le sieur CHAZEL.

Il a été délibéré que M. l’adjoint adresseroit à M. le sous prefet un extrait des présentes et qu’il le supplieroit de se pouvoir auprès du conseil de préfecture pour solliciter l’autorisation de plaider contre le sieur CHAZEL aux fins ci-devant mentionnées et ont signé les délibérants.

La présente délibération ayant été dressée dans la séance du 18 du courant et renvoyée à la séance d’aujourd’hui 22 du courant mois de mai adoptée et signée les délibérants.

CHALVIDAN, TAULELLE, ABEILHE, DOUCHE, TAULELLE, CHABRIER, FERRAUD adjoint."


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